Accepter que l’on ne peut pas changer l’autre en TCC

Dans les relations humaines, que ce soit en amour, en amitié, ou en famille, il est courant d’espérer que l’autre change pour répondre à nos attentes ou pour mieux correspondre à l’idée que l’on se fait d’une relation idéale. Pourtant, cette quête peut s’avérer frustrante et décevante, car il est impossible de changer fondamentalement quelqu’un d’autre. Dans une approche basée sur les thérapies cognitivo-comportementales (TCC), l’accent est mis sur ce que nous pouvons contrôler : nos propres pensées, émotions et comportements.

Alors, comment apprendre à faire avec les différences de l’autre, tout en préservant l’harmonie dans la relation ? Voici quelques pistes pour mieux comprendre et accepter l’autre, tout en développant plus de compassion et d’empathie.

L’Illusion du changement : pourquoi nous ne pouvons pas changer les autres ?

Lorsque nous entrons en relation avec quelqu’un, nous sommes souvent confrontés à ses défauts, à ses failles, ou à des comportements qui nous déplaisent. Naturellement, nous avons parfois l’espoir qu’avec le temps ou avec un peu d’effort, l’autre finira par changer. Cependant, essayer de forcer quelqu’un à changer peut mener à des dynamiques relationnelles toxiques, où l’une des parties se sent contrôlée ou manipulée.

Selon l’approche TCC, il est important de comprendre que chaque individu possède son propre système de pensées, de croyances, et de comportements, forgés par ses expériences personnelles. Ces schémas sont profondément enracinés et ne peuvent pas être modifiés simplement parce que quelqu’un d’autre le souhaite.

Ainsi, plutôt que de concentrer nos efforts sur l’autre, la TCC encourage à regarder en soi et à explorer nos propres pensées face à une situation. Comment percevons-nous le comportement de l’autre ? Est-ce que nos attentes sont réalistes ? Sommes-nous influencés par des pensées automatiques négatives ?

Changer ce qui est en notre pouvoir : nos propres pensées et comportements

L’un des principes clés des TCC est de changer ce que nous pouvons : nos réactions et notre interprétation des événements. Face à un comportement qui nous dérange chez l’autre, voici un processus en trois étapes inspiré de la TCC :

  1. Prendre conscience de ses pensées automatiques : Lorsque nous ressentons de la frustration ou de la colère, il est utile de se demander : « Quelles pensées me traversent l’esprit à ce moment ? » Souvent, ces pensées sont liées à des attentes irréalistes comme « Il devrait agir de cette manière » ou « Elle ne me respecte pas si elle fait cela. »
  2. Remettre en question ces pensées : Est-ce que mes attentes sont justes ? Est-ce que l’autre a vraiment l’intention de me blesser ou est-ce simplement sa manière d’agir ? En prenant du recul, il devient possible de voir les choses sous un angle plus nuancé.
  3. Adopter un comportement plus adapté : Une fois que nous avons pris conscience de nos pensées et de leur impact, nous pouvons choisir de réagir différemment. Par exemple, au lieu de réagir par la frustration ou de chercher à contrôler l’autre, il est possible de communiquer nos besoins de manière assertive et respectueuse.

L’empathie : apprendre à voir l’autre pour ce qu’il est

Dans cette démarche, l’empathie joue un rôle fondamental. Apprendre à accepter l’autre tel qu’il est ne signifie pas tout accepter sans limites, mais plutôt chercher à comprendre son vécu et ses motivations.

L’empathie, c’est reconnaître que l’autre a son propre bagage émotionnel et psychologique. Il peut agir de manière qui nous semble incompréhensible, non pas par malveillance, mais simplement parce que sa réalité et ses expériences sont différentes des nôtres. En cultivant cette compréhension, il devient plus facile de naviguer dans la relation avec moins de jugement et plus de bienveillance.

Il faut également savoir fixer ses propres limites

Il est important de noter que, bien que l’on ne puisse pas changer l’autre, cela ne signifie pas accepter tout comportement nocif ou irrespectueux. Apprendre à fixer ses propres limites est essentiel pour maintenir une relation saine. La TCC encourage à adopter une posture assertive : reconnaître ses besoins, les exprimer de manière claire et ferme, tout en respectant ceux de l’autre.

Par exemple, si un comportement de l’autre vous fait souffrir, il est possible de dire : « Je comprends que tu aies besoin de temps seul, mais quand tu disparais sans me prévenir, cela me fait me sentir anxieux. J’aimerais que l’on trouve une manière de mieux communiquer. »

Cette approche permet de co-créer une relation plus harmonieuse, basée sur la compréhension mutuelle plutôt que sur la confrontation.

Accepter que l’autre ne changera pas, c’est en réalité un acte libérateur. Cela nous permet de nous recentrer sur nos propres ressources, sur ce que nous pouvons faire pour améliorer la relation, sans tomber dans le piège de vouloir modifier l’autre. Cette acceptation s’accompagne d’une plus grande paix intérieure et d’un lâcher-prise qui allège la relation.

Il est important de se rappeler que chaque relation implique des compromis. En apprenant à faire avec les différences de l’autre, à les accepter comme partie intégrante de sa personnalité, vous pouvez construire des relations plus solides, basées sur l’empathie, la compréhension et le respect mutuel.

Exercice TCC pour développer l’acceptation et la communication

Voici un exercice inspiré de la TCC que vous pouvez essayer, seul ou en couple, pour améliorer la communication et renforcer l’acceptation dans la relation :

Observer et Accepter

  1. Observation : Pendant une semaine, observez les situations où vous ressentez de la frustration ou du mécontentement face à l’autre. Notez les pensées automatiques qui émergent (ex : « Il devrait savoir que ça m’énerve », « Elle ne fait jamais attention à moi »).
  2. Remise en question : Prenez le temps de remettre en question ces pensées en vous demandant si elles sont justes ou s’il existe une autre manière de les interpréter. Par exemple : « Peut-être qu’il est concentré sur autre chose et qu’il ne s’en rend pas compte », « Peut-être qu’elle a une autre manière de montrer son affection ».
  3. Communication : Une fois que vous avez observé et ajusté vos pensées, choisissez un moment calme pour communiquer vos sentiments à l’autre, en utilisant des phrases du type « Je ressens » plutôt que « Tu devrais ». Cela permet d’éviter les accusations et d’ouvrir un dialogue bienveillant.

En TCC, il est souvent dit que nous ne pouvons pas contrôler les événements ou les autres, mais que nous pouvons choisir comment réagir face à eux. Dans les relations, cela signifie qu’au lieu de vouloir changer l’autre, nous devons apprendre à accepter ses différences, à travailler sur nos propres attentes, et à cultiver une communication bienveillante.

En développant cette approche, non seulement vous enrichissez la relation, mais vous renforcez également votre propre bien-être. Car après tout, accepter l’autre tel qu’il est, c’est aussi s’accepter soi-même dans toute sa complexité.